Anatomie d'un chat Claude — ce qui se passe vraiment quand vous cliquez « Envoyer » | Ai4x
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Anatomie d'un chat Claude

Vous tapez une phrase, vous cliquez « Envoyer », une réponse arrive. Entre les deux, il se passe sept choses très précises. Les voici — manipulables, en français, sans un seul mot de jargon laissé sans explication.

⏱️ 6 minutes 🧩 7 étapes 🖱️ démos interactives 🎓 zéro prérequis technique 💼 + un vrai dossier décodé
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Votre message part

Ce que Claude reçoit vraiment — et pourquoi ça se compte en tokens

Écrivez, et regardez votre phrase se découper
0tokens
0mots
0caractères

Découpage illustratif : le vrai découpage dépend du modèle, mais l'ordre de grandeur est le bon (≈ 1 token pour 3 à 4 caractères en français).

Quand vous cliquez « Envoyer », votre texte quitte votre navigateur et part vers les serveurs du modèle. On appelle prompt tout ce que vous transmettez : votre question, mais aussi les fichiers que vous avez glissés.

Avant d'être lu, ce texte est découpé en tokens — des fragments de mots. Claude ne voit ni lettres ni phrases : il voit une suite de numéros. Un mot courant fait un token, un mot rare ou un numéro de facture en fait plusieurs.

C'est aussi l'unité de facturation, à l'entrée comme à la sortie. Un pavé de trois pages envoyé à chaque message coûte trois pages, à chaque message.

L'analogie

Le token, c'est la syllabe. Vous ne dictez pas lettre par lettre, vous dictez par petits blocs — et le compteur du taxi tourne au bloc, pas au mot.

PromptToken
💡

En pratique : comptez environ 750 mots pour 1 000 tokens. Cinq lignes de consigne précise valent mieux — et coûtent moins — qu'une page d'explications floues.

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Le contexte s'assemble

Votre message n'arrive jamais seul : on lui joint tout un dossier

Ajoutez ou retirez des calques, la jauge suit
0 tokens envoyésfenêtre : 200 000

Ordres de grandeur illustratifs. À chaque nouveau message, l'ensemble repart — pas seulement votre dernière phrase.

Entre votre clic et le modèle, un logiciel assemble un dossier. Il y met les règles de la maison (le system prompt, écrit par l'éditeur), vos instructions permanentes, l'historique complet de la conversation, les documents joints — et, tout en bas, votre question.

Ce dossier doit tenir dans la fenêtre de contexte : la quantité de texte que le modèle peut lire en une seule fois. Au-delà, il faut couper, résumer ou repartir de zéro.

Et le point qui surprend tout le monde : ce dossier est renvoyé en entier, à chaque message. Le modèle n'a aucune mémoire propre. Ce qu'on appelle « mémoire » est un texte que le logiciel stocke ailleurs et rajoute au dossier à chaque fois.

L'analogie

À chaque message, un nouveau consultant entre dans la salle. Il ne se souvient de rien. Alors on repose devant lui tout le dossier — la note de service, les comptes rendus, les pièces jointes — puis on pose la question.

System promptFenêtre de contexte
💡

En pratique : une conversation qui traîne sur dix sujets devient lente, chère et confuse. Une conversation par sujet — c'est le réflexe qui change le plus la qualité des réponses.

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Le modèle prédit

Un LLM ne cherche pas la réponse : il la reconstruit, morceau par morceau

Choisissez le prochain morceau — comme le modèle le fait

Pourcentages illustratifs. Le principe, lui, est exact : à chaque tour, le modèle attribue une probabilité à chaque suite possible et en tire une.

Un LLM (« grand modèle de langage ») a été entraîné sur d'immenses quantités de texte à faire une seule chose : deviner le morceau suivant. Pas retrouver une fiche dans une base de données — prédire.

Chaque token produit est aussitôt réinjecté à la fin du dossier, et le calcul recommence pour le suivant. C'est exactement pour ça que la réponse s'affiche mot à mot sous vos yeux.

Et c'est aussi l'explication des hallucinations : quand la suite la plus plausible se trouve être fausse, elle sort quand même — avec le même aplomb qu'une réponse juste. Le modèle n'a pas de curseur interne « je sais / je ne sais pas ».

L'analogie

C'est la saisie prédictive de votre téléphone — mais entraînée sur une bibliothèque entière au lieu de vos SMS, et capable de tenir le fil sur vingt pages sans perdre le sujet.

LLMHallucination
💡

En pratique : chiffres, dates, noms propres et références légales sont les zones à risque. Demandez systématiquement la source — et vérifiez-la.

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Répondre… ou agir

Le moment où un modèle devient un agent

Posez l'une de ces questions et regardez l'aiguillage
🗣️ Je réponds directement Tout ce qu'il me faut est déjà dans le dossier.
🔧 J'utilise un outil Il me manque une information : je vais la chercher avant de répondre.
Choisissez une question ci-dessus.

Un modèle seul ne sait faire qu'une chose : produire du texte. Ce qui en fait un agent, c'est qu'on lui confie des outils — chercher sur le web, lire un fichier, interroger un logiciel — et le droit de décider lui-même quand s'en servir.

À chaque tour, il tranche donc une question simple : est-ce que je peux répondre avec ce que j'ai sous les yeux, ou est-ce qu'il me manque quelque chose ?

Quand il lui manque une information, il ne l'invente pas : il annonce l'outil qu'il veut utiliser et avec quels paramètres. C'est vous, ou votre administrateur, qui décidez de la liste des outils disponibles — donc du périmètre exact de ce qu'il peut faire.

L'analogie

La différence entre un collègue qui récite ce qu'il croit savoir et un collègue qui dit « attends, je vais vérifier dans le classeur » — puis se lève vraiment de sa chaise.

AgentOutil (tool)
💡

En pratique : un agent sans outils reste un excellent rédacteur. Les vrais gains de temps commencent le jour où on lui branche le premier outil.

5

Il va chercher l'information

Web, vos documents, vos logiciels — l'info est empruntée, pas apprise

Où va-t-il chercher ? Cliquez pour voir le chemin

Le modèle a une date de fin d'entraînement, et il ne connaît évidemment rien de votre entreprise. On comble ce double trou de la même façon : en lui apportant l'information au moment de la question.

C'est le principe du RAG (« génération augmentée par la recherche ») : on retrouve dans vos documents les quelques passages utiles, on les colle dans le dossier, et le modèle répond en s'appuyant dessus. La recherche web et l'appel à vos logiciels fonctionnent pareil — seule la source change.

Point important : rien n'est appris au passage. L'information est empruntée le temps d'une réponse, puis oubliée. En contrepartie, la réponse est traçable : vous pouvez remonter au document exact.

L'analogie

Le RAG, c'est un documentaliste. Il ne connaît pas votre dossier par cœur, mais il sait descendre aux archives et poser les trois bonnes pages devant vous — avec la cote de chaque document.

RAGRecherche webSources citées
💡

En pratique : la qualité d'un RAG dépend entièrement de vos documents. Une base rangée et à jour donne des réponses justes ; un dossier partagé en vrac donne des réponses en vrac.

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La boucle agentique

Décider, agir, lire le résultat, redécider — jusqu'à ce que ce soit fait

Une vraie tâche, tour par tour
🧠 Décider ⚙️ Agir 👀 Observer

Un seul outil suffit rarement. L'agent enchaîne donc : il décide d'une action, il l'exécute, il lit le résultat — et ce résultat modifie sa décision suivante. C'est ça, la boucle agentique.

Elle tourne toute seule, plusieurs fois de suite, jusqu'à ce que la tâche soit terminée ou qu'une limite l'arrête : nombre de tours, budget, temps, ou une autorisation que vous n'avez pas donnée.

Un imprévu ne bloque pas la machine : il devient une information de plus, et l'agent corrige sa trajectoire. C'est le vrai saut de ces deux dernières années — on ne demande plus un texte, on confie un objectif.

L'analogie

La différence entre suivre une recette à la lettre et cuisiner pour de bon : on goûte, on rectifie le sel, on remet au feu — et on ne sert que quand c'est bon.

Boucle agentiquePoint d'arrêt
💡

En pratique : définissez toujours deux choses avant de lâcher un agent — quand il doit s'arrêter, et quelles actions exigent votre validation (envoyer, payer, supprimer).

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Connexion au monde réel

MCP : la prise standard entre l'IA et vos logiciels

Branchez des connecteurs, voyez ce que ça débloque
🔌 Assistant compatible MCPun seul port, autant de logiciels que vous voulez

Jusqu'ici, les outils étaient ceux prévus par l'éditeur. Le MCP (Model Context Protocol) change la donne : c'est une norme ouverte, publiée par Anthropic, qui permet de brancher n'importe quel logiciel sur n'importe quel assistant compatible.

Chaque logiciel décrit une seule fois ce qu'il sait faire — lire les mails, créer un événement, sortir une facture. Tout assistant compatible sait alors s'en servir, sans développement spécifique pour chaque couple outil/IA.

Vous gardez la main de bout en bout : une connexion se branche, se débranche, et n'ouvre que les droits que vous accordez. C'est ce qui fait passer d'une IA qui parle de votre travail à une IA qui fait votre travail, là où il se trouve déjà.

L'analogie

MCP, c'est l'USB de l'IA. Avant, chaque appareil avait son câble propriétaire et son pilote. Maintenant : un port standard, on branche, ça marche.

MCPConnecteur
💡

En pratique : commencez par un seul connecteur, en lecture seule. On ouvre l'écriture quand la confiance est installée — jamais l'inverse.

Naviguez au clavier :
La démonstration

Tout ça, en une seule conversation

Les sept étapes, vous venez de les voir une par une, à l'arrêt. Les voici toutes ensemble, dans un vrai dossier professionnel — et à chaque échange, on ouvre le capot pour nommer ce qui vient de se passer.

Choisissez le métier — le dossier change, la mécanique reste la même :

Le contexte

Entreprises fictives. La conversation, elle, est représentative de ce que fait l'outil aujourd'hui.

Les notions qui s'allument au fil de l'échange :

Les 7 mots à retenir

Si vous ne gardez qu'une chose de ce parcours, gardez ce tableau. C'est le vocabulaire minimum pour parler d'IA sans se faire raconter n'importe quoi.

1
TokenLe fragment de mot que le modèle lit et produit. C'est l'unité de mesure — et de facturation.
2
Fenêtre de contexteTout ce que le modèle peut lire d'un coup. Réenvoyée en entier à chaque message : il n'a pas de mémoire propre.
3
LLMUn prédicteur du morceau suivant, entraîné sur d'immenses volumes de texte. D'où sa fluidité — et ses hallucinations.
4
AgentUn modèle à qui on donne des outils et le droit de décider quand les utiliser.
5
RAGAller chercher les bons passages dans vos documents et les glisser dans le contexte avant de répondre.
6
Boucle agentiqueDécider → agir → observer → redécider, jusqu'au point d'arrêt que vous avez fixé.
7
MCPLa prise standard qui branche vos logiciels sur l'assistant. L'USB de l'IA.
Et maintenant ?Comprendre, c'est l'étape 1. La suite, c'est de le faire tourner sur vos vrais dossiers — c'est exactement ce qu'on fait en formation.

Et sur votre dossier à vous, ça donnerait quoi ?

Vous venez de voir la mécanique tourner sur un dossier qui n'est pas le vôtre. Dites-nous lequel vous mange le plus de temps : on vous répond avec ce que ça donnerait concrètement chez vous — le déroulé, ce qui est réaliste aujourd'hui, et ce qui ne l'est pas.

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